Le site Les Sentiers de l'Imaginaire me consacre un long et sympathique entretien centré sur le travail de scénariste et La Cité des Chiens : http://sdimag.fr/index.php?rub=0&art=Affiche_Article&ID=1391
Sortie de l'intégrale de La Cité des Chiens
L'intégrale du récit sortira le 17 octobre dans un album en noir et blanc, dos toilé, grand format et fera 120 pages.
Voici la couverture, deux pages d'intro et deux planches.
Voici la couverture, deux pages d'intro et deux planches.
Nomenclature traditionnelle du taijiquan de style Wu Hao
Pendant l'hiver 2017, j'ai entrepris de traduire en français la
nomenclature des 96 mouvements de l'enchaînement du taijiquan Wu Hao.
J'ai été aidé par Mathieu Ayrault, pratiquant de taijiquan vivant depuis
de nombreuses années en Chine et dont le niveau de chinois est meilleur
que le mien. Et nous avons eu plusieurs conversations avec Hao Yinru, enseignant de ce style,
pour comprendre le sens originel du nom des mouvements.
Vous
trouverez le PDF de la nomenclature traditionnelle du taijiquan de style
Wu Hao à consulter et télécharger gratuitement ici https://fr.scribd.com/document/386220414/Nomenclature-Taijiquan-Wu-Hao ou bien ici http://myreader.toile-libre.org/NomenclatureTaijiquanWuHao.pdf
Nomenclature Taijiquan Wu Hao by Taijiquan Wu Hao on Scribd
Rencontre avec Li Kunwu
Le 29 juin 2018, rencontre avec Li Kunwu au Pearl Art museum à
Shanghai.
Cet auteur très futé propose une voie, une sortie par le haut à
la BD chinoise, mais bien peu d'auteurs chinois l'ont compris. Le
système narratif du lianhuanhua ("illustré" à la chinoise, petit livre à
l'italienne tenant dans la main, avec une image par page et du texte
en-dessous) est complètement dépassé aujourd'hui.
Li Kunwu fait une
synthèse du dessin au pinceau à la chinoise, de la narration
européenne/manga (le format dit "roman graphique"), d'un récit long avec
une large inspiration autobiographique et d'un regard sans complaisance
sur la société chinoise et son histoire récente.
Gir & Morris
Fin 1971, le journal Pilote consacre un numéro spécial à Lucky Luke pour les 25 ans de la création du personnage. C'est l'occasion pour Gir de rendre un hommage à son confrère en reprenant une page des aventures du cow-boy.
La reprise du personnage par Gir dans un style plus réaliste est superbe ! Belle gueule !
Morris reprend aussi habilement une planche de Blueberry, en changeant un peu le scénar. Le fait qu'il y ait quatre méchants dans la planche a du lui donner l'idée de mettre en scène les Dalton. Joie ! Et, au passage, Morris ne se prive pas de corriger Charlier pour son mauvais anglais, hé hé !
Bordeaux-Châteauroux
Je retombe sur ce vieux poème, fait d'instantanés de vie, et surgissent à l'improviste quelques images du passé.
Bordeaux-Châteauroux
3h33 dans le meilleur des cas
C’est un horaire qui fait rêver
Elle a de longues cuisses et se penche en souriant
Pour éponger le sang qui coule de son orteil blessé
Châteauroux ouvre son quai
Deux sourires et des présentations
Sur le fronton de l’église est inscrit :
République Française
Hélène sous le laurier dit qu’elle est enceinte de
cinq semaines peut-être
On dîne de pâtes à l’ail et aux courgettes avec du
comté, du pesto et du vin rouge
On mange du pain d’épices avec une infusion de
fenouil
Une carte de France où la Guerche sur l’Aubois me
fait de l’œil
Le boxeur Georges Carpentier s’y entraînait dans les
années vingt
C’était avant de chuter devant le nègre Battling Siki
au stade Buffalo
Curepipe
Flic en flac
Anse la Raie
Cap Malheureux
Blue Lagoon
Terres de sept couleurs
Trou aux biches
Pointe aux Canonniers
C’est une carte de l’île Maurice
Pourquoi pas l’île Gustave ?
Ou l’île René ou l’île Roger ?
Le père de Sabine est né à Port-Louis
Thé Bois-Chéri qu’on boit avec du lait, comme les
Anglais
Elle chante une comptine quechua
Pawai Pawai ou i hatcha
Tchakra Tcha kourata
Partatar apa soukinan
Atoka ouasima
Les langues du monde s’effleurent de la pointe
S’entremêlent parfois
Puis disparaissent
Pour le théâtre, on trouve ici les manuels essentiels
de
Constantin Stanislavski
Yochi Oïda
Tadeusz Kantor
Peter Brook
Augusto Boal
Et des livres en espagnol
Des photos de Sabine souriante
Des dessins de hippies
Salomé Luz a cinq ans dans un mois
On se chamaille sans cesse
L’éducation des enfants est un sujet sensible
Elle dit z en place de j
S au lieu de ch
Et autres fantaisies
Maman, ze veux pas aller me cousser
J’ai rêvé cette nuit que Sabine sanglotait dans mes
bras
Elle a rêvé qu’elle faisait l’amour à sa sœur
J’ai rêvé que je me battais à coups de bâton
Sylvain et Hélène ont l’air contents d’eux
On mange daurades et maquereaux grillés sur un
barbecue de fortune
Patates bouillies et beurre demi-sel
Glace et gnôle poire Gérard 2004
Nadia a comme homme Aboubacar et comme fils Issam
Anne a comme homme Yo, comme fils Yamato, comme fille
Miti
Anne a comme fils Stefano
Etienne l’agriculteur travaille moins pour faire du
théâtre
Ses trois fils portent des chapeaux melon
Et Johanna son amoureuse est marionnettiste
Dans le jardin, il y a des cerises aigres et demi
aigres
Une échelle en bois, un arc-en-ciel, de l’herbe
mouillée
Des lièvres courent dans les champs de céréales qui
courent jusqu’à l’horizon
Plaine des Hommes Longs, il y a cinq concerts
Un groupe de rock’n roll berrichon
Pourquoi qu’a dit rin pourquoi qu’a fait rin pourquoi
qu’a pense à rin ?
Paresseux dimanche matin
Musique d’Arvo Pärt
Mélancolique comme les gouttes qui tombent des arbres
après la pluie
On arrive juste à temps à la gare
Je monte dans le train qui démarre
Sabine et Salomé courent sur le quai en agitant les
mains
Je rêve
Voie H, le train 3681 à destination de Périgueux va partir
Assurez-vous de la fermeture des portes, s’il vous plaît
Attention au départ
(Châteauroux, 15-18 juin 2006)
Moebius "L'Être qui danse sur la Lune"
Deux pages pour Le Courrier de l'Unesco en 1996
http://unesdoc.unesco.org/images/0010/001046/104683fb.pdf
http://unesdoc.unesco.org/images/0010/001046/104683fb.pdf
La Roman de la Rose - Jean de Meung
Extraits du Roman de la Rose (c. 1275), par Jean de Meung.
La Vraie Noblesse
« Les princes ne méritent pas
Qu’un astre annonce
leur trépas
Plutôt que la mort d’un autre homme :
Leur corps ne vaut pas une pomme
De plus qu’un
corps de charretier,
Qu’un corps de clerc ou
d’écuyer.
Je les fais pareillement nus,
Forts ou faibles, gros
ou menus,
Tous égaux sans exception
Par leur humaine condition.
Fortune donne le restant,
Qui ne saurait
durer qu’un temps,
Et ses biens à son plaisir donne,
Sans faire acception de personne,
Et tout reprend et reprendra
Sitôt que bon lui semblera.
Si quelqu’un, me
contredisant,
Et de sa race se
targuant,
Vient dire que le gentilhomme
(Puisqu’ainsi le peuple les
nomme)
Est de meilleure condition
Par son sang et son extraction
Que ceux qui la terre cultivent
Et du labeur de leurs mains vivent,
Je réponds que
nul n’est racé
S’il n’est aux
vertus exercé,
Nul vilain, sauf
par ses défauts
Qui le font arrogant et sot.
Noblesse,
c’est cœur bien placé,
Car gentillesse
de lignée
N’est que gentillesse de rien
Si un grand cœur ne s’y adjoint.
Il faut donc imiter au mieux
Les faits d’armes
de se aïeux
Qui avaient conquis leur noblesse
Par leurs hauts faits et leur prouesse ;
Mais,
quand de ce monde ils passèrent,
Toutes leurs vertus emportèrent,
Laissant derrière eux leur
avoir :
C’est tout
ce qu’il reste à leurs hoirs ;
Rien d’autre, hors l’avoir, n’est leur,
Ni gentillesse ni valeur,
A moins qu’à noblesse ils n’accèdent
Par sens ou vertu qu’ils possèdent.
Par sens ou vertu qu’ils possèdent.
Au clerc il est
bien plus aisé
D’être courtois,
noble, avisé
(Je vous en dirai la raison),
Qu’aux princes
et aux rois qui n’ont
De lettres la moindre
teinture ;
Car le clerc trouve, en écriture,
Grâce aux sciences éprouvées,
Raisonnables et démontrées,
Tous maux dont il faut se
défaire
Et tout le bien
que l’on peut faire :
Choses du monde il voit écrites
Comme elles sont faites et
dites.
Il lit dans
les récits anciens
Les vilenies de tous vilains
Et les hauts faits
des héros morts,
De courtoisie un vrai trésor.
Bref il peut voir,
écrit en livre,
Tout ce que l’on doit faire
ou suivre ;
Aussi tout clerc,
disciple ou maître,
Est
noble, ou bien le devrait être ;
Le sachent ceux qui ne le sont :
C’est
que le cœur trop mauvais ont,
Car ils sont plus favorisés
Que tel qui court
cerfs encornés.
Quiconque vise à la
noblesse
D’orgueil se garde et
de paresse
S’exerce aux armes,
à l’étude,
Dépouille toute turpitude.
Humble cœur
ait, courtois et doux,
En toute occasion, pour tous,
Sauf envers ses seuls ennemis,
Quand l’accord ne peut être mis.
Dames honore et demoiselles,
Mais
point ne se fie trop à elles,
Car il pourrait s’en repentir :
Combien a-t-on vu
en souffrir !
Louange, estime à pareille âme,
Jamais ni critique ni blâme,
Et de noblesse le renom
Qu’elle mérite ; aux autres, non.
Chevaliers aux armes hardis,
Preux en faits et courtois
en dits,
Comme fut messire Gauvain,
Qui n’avait rien d’un
être vain,
Ou le comte d’Artois
Robert,
Qui, dès qu’il eut quitté le bers,
Pratiqua toujours dans sa vie
Noblesse, honneur, chevalerie,
Jamais oisif ne demeurant,
Et devint homme avant le temps.
Ces chevaliers preux et vaillants,
Larges, courtois, fiers combattants,
Qu’ils
soient partout très bienvenus,
Loués, aimés, et chers tenus.
De même
l’on doit honorer
Clerc qui aux
arts veut s’exercer
Et bien pratiquer la vertu,
Comme dans son livre il l’a lu.
Et l’on faisait ainsi jadis. (…)
Maint exemple le prouverait :
Tels naquirent de bas lignage
Et eurent plus noble courage
Que maints fils de roi ou de comte
Dont je ne veux faire le compte,
Et pour
nobles furent tenus.
Mais hélas des
temps
sont venus,
Où les bons, qui toute
leur vie
Étudient la philosophie,
S’en vont en pays étranger
S’en vont en pays étranger
Pour sens et valeur rechercher
Et souffrent grande pauvreté,
Comme mendiants et endettés ;
Ils sont sans souliers, sans habit,
Nul ne les aime, ou les chérit ;
Les rois les prisent moins que pomme,
Eux qui pourtant sont gentilshommes
(Dieu me
garde d’avoir les fièvres !).
Plus que ceux qui chassent les
lièvres
Ou que ceux qui sont coutumiers
De hanter les palais princiers. (…)
D’autre part la
honte est bien pire,
Pour un fils de roi d’être vain,
De méfaits et
vices tout plein,
Que pour un
fils de charretier,
De porcher ou
de savetier.
Il serait bien plus honorable
Pour Gauvain, héros admirable,
De descendre d’un vil peureux
Qui ne
se plaît qu’au coin du feu,
Que
d’être issu de Rainouard,
Si lui-même n’était
qu’un couard. »
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